<![CDATA[Pour le plaisir d'écrire]]> http://www.broomse.com/ Blog littéraire d'Ernest J. Brooms qui présente ses nouvelles et textes courts. Mais aussi poésies, chansons, aphorismes et des liens littéraires : blogs, sites, forums... fr http://fdata.over-blog.net/0/58/94/27/avatar-blog-5402512-tmpphpBnteZt.jpg <![CDATA[Pour le plaisir d'écrire]]> http://www.broomse.com/ Wed, 01 Jul 2009 17:26:28 +0200 Wed, 01 Jul 2009 17:26:28 +0200 Over-blog.com RSS 2.0 Engine Copyright 2009, Ernest BROOMS Littérature http://www.rssboard.org/rss-specification/ <![CDATA[Enterrement d'Ernest]]> http://www.broomse.com/article-33317610.html ]]> Wed, 01 Jul 2009 12:33:00 +0200 http://www.broomse.com/article-33317610.html Présentation http://www.broomse.com/article-33317610-6.html <![CDATA[Ernest a tiré sa révérence]]> http://www.broomse.com/article-33300528.html Nous vous remercions de l'intérêt que vous avez porté à ses écrits.

Un hommage lui sera rendu dans les prochains jours.
Le lieu et la date vous seront communiqués.

Vous pouvez laisser des messages de soutien sur son mail, son forum ou son blog.
Merci
Sa famille.]]>
Tue, 30 Jun 2009 22:57:00 +0200 http://www.broomse.com/article-33300528.html Présentation http://www.broomse.com/article-33300528-6.html
<![CDATA[Etage 4]]> http://www.broomse.com/article-32168418.html  

Un hôpital. Etage 4. Service oncologie. Le va-et-vient pressé des infirmières et des médecins. Leur sourire, leur gentillesse, leur disponibilité. Et des inconnus, des inconnues, dans les chambres, réunis dans la  même lutte contre le crabe. Je ne compte plus le temps, ces trop longues de chimiothérapie, d’injections de produits aux noms étranges. Nous sommes ailleurs, à un endroit que les gens ne connaissent pas ou veulent ignorer. Les gens, ils courent la ville, font leurs achats, se promènent le long du fleuve, se faufilent dans les ruelles, visitent les musées, prennent le frais dans la cathédrale, boivent un verre sur une terrasse, les enfants courent,  la vie est là, elle est belle… ils ne le savent pas.

Etage 4. Un homme avance vers moi. Grand, chauve et imberbe. Accroché à son statif porteur de poches transfusées via son cathéter, il me sourit et lance « T’as vu mon parapluie ? ». Puis, des mots simples : « … j’ai appris que tu étais là, il y a des années qu’on ne s’est plus vus, que fais-tu ? tu lis ? tu préfères les romans ou la B.D. ? Moi, …»  Et les phrases défilent évitant toute allusion à la maladie. C’est encore la vie qui mène le jeu. Et un lien se crée. Nous nous parlons comme si nous nous étions vus la veille, le temps a perdu toute dimension.  Le temps n’a plus d’importance, lui qui rythmait notre quotidien, lui derrière qui nous courions. Dehors, les voitures se poursuivent, les gens pressent le pas, les aiguilles des montres s’affolent, les avions décollent, les trains partent, un peu de retard et c’est la catastrophe, le temps, le temps…

Etage 4, dans le silence et l’attente, l’homme sourit. Moi aussi. Nous nous sommes toujours connus. Et les mots ne sont plus nécessaires pour qu’on se comprenne. Comme de vieux amis qui ont tout vécu ensemble… sans jamais l’avoir fait. Une amitié qui a la fulgurance de la maladie. Toute en intensité, en raccourci mais aussi en force. Un sourire, un dernier mot, à demain ou à la semaine prochaine et je me retrouve seul, plus apaisé et serein. Plus fort pour combattre la bête, plus déterminé.  Je sais maintenant que l’homme est là, deux chambres plus loin et que nous continuons à nous parler en silence, dans la riche banalité de notre conversation. Finalement, je me dis que c’est la souffrance, la douleur des bien-portants qui me fait mal.

Etage 4, quelques mois plus tard. Le nouvelles ne sont pas bonnes. Cette fois, c’est moi qui vais vers l’homme. Il est calme. Un peu trop. Moins de mots. Mais le même calme, le même humour. Nous nous parlons en quelques rares mots couverts. Nous savons.  Une BD sur le lit, un fond musical, l’éternelle perfusion, dehors, il pleut. En moi, aussi.  Mais rester, être présent, réinventer la communication, l’amitié nouvellement née a déjà pris une grande vigueur. On la dirait ancienne. Puis, je retourne dans ma chambre poussant mon porte-poches devant moi mais c’est l’homme qui me tient la main, je le sais.  Le médecin sort quelques mots d’humour mais son visage est sombre. Il me donne une petite tape amicale dans le dos. J’ai peur !

Etage 4. Je suis revenu à la maison. L’homme est resté. Je me sens mal d’avoir reçu la permission de partir et lui, pas. J’ose à peine regarder  la porte de sa chambre. Un mélange d’amertume, de lâcheté, de révolte. Quelques jours passent. Un coup de fil. L’homme est mort ! En moi, quelque chose aussi.

Ernest J. Brooms

]]>
Tue, 02 Jun 2009 19:14:00 +0200 http://www.broomse.com/article-32168418.html Mes Nouvelles http://www.broomse.com/article-32168418-6.html
<![CDATA[Prémices... Bruno FEUCHER]]> http://www.broomse.com/article-31650341.html  

 

 

 

Pendent à nouveau sur le fil

Les strings de ma voisine

Mon voisin n'en peut plus, est sur le grill

Car s'exhiber, il l'imagine...

 

Ce sont les prémices du printemps

Au retour du mois d'avril

Les amoureux se bécotent sur les bancs

A la campagne et même en ville

 

Les chattes ne se maîtrisent plus

Même stériles elles sont en chaleur

Elles se promènent cul-nu

Devant les matous au comble du bonheur

 

Les fleurs en plus d'éclore

Nous chantent un refrain

En nous tendant la main

Une bien jolie métaphore

 

Il en prend un coup le dicton

En avril fait ce qu'il te plaît

Et même le restant de l'année

Le poète a toujours raison.

]]>
Fri, 22 May 2009 13:30:00 +0200 http://www.broomse.com/article-31650341.html Auteurs invités http://www.broomse.com/article-31650341-6.html
<![CDATA[Bohême… un dimanche d’avril… Annick VEYS]]> http://www.broomse.com/article-31373964.html Que se passe-t-il ?

Le jour n’est pas encore levé et déjà du remue-ménage dans la cour.

Le grincement de la grille d’entrée (faible, mais je le reconnais bien), des pas sur les pavés, le lampadaire allumé et maintenant le loquet de ma porte que l’on vient de tirer…

Que se passe-t-il donc ?

Et voilà que déjà on me sort, on me brosse.

Pourtant, la nuit n’est pas terminée ; je dormirais bien encore un peu, moi.

Qu’ont-ils donc à venir si tôt ?

Ca y est, je me souviens ; durant la semaine, je les ai entendus parler de sortie, de concours, de trousses à vérifier, de matériel à emporter, surtout ne rien oublier, mettre tous les atouts de son côté. C’est que le concours qui ouvre  la saison est toujours programmé le premier dimanche d’avril. Et comme l’an dernier, c’est moi qui vais prendre le départ, c’est moi qui vais tracter la voiture, moi qui vais les emmener là où ils me guideront…

Mais au fait, savez-vous qui je suis ?

Avant de continuer, faudrait peut-être que je me présente, que vous sachiez qui vous parle…

Bohême, c’est le nom qui m’a été donné à la naissance, là-bas, en France, tout en bas, dans les Pyrénées.

Je suis une jument Mérens.

Robe noire, taille moyenne, dos large, croupe ronde, poitrail bien ouvert, pieds sûrs, tête expressive, yeux vifs, crins abondants, drus et rêches, je suis aussi rustique, docile, gentille, généreuse. Jument polyvalente, je peux être montée, en randonnée ou en manège, attelée, ou laissée en pâture… à condition de ne pas m’y oublier…  car, oui, j’ai besoin de travailler…

Mais, ce que je préfère et ce pourquoi ils me préparent ce matin, c’est les sorties en attelage…

Le pas sûr, fière allure, je tire la voiture à quatre roues et j’emmène, dans mon sillage, ce trio infernal, impétueux et gai qui n’a qu’une idée en tête : passer une bonne journée, au grand air, et s’amuser même si pièges et calculs d’azimuts figurent au programme.

Mais nous n’en sommes pas encore là ; revenons plutôt aux soins qu’ils me donnent avant le départ.

Car, oui, c’est bien cela, nous allons prendre la route pour Avesnes-le-Sec, où a lieu un concours d’attelage, et plus précisément un TREC attelé. Suivez bien mon histoire et vous comprendrez très vite de quoi il s’agit.

Une chose à la fois.

Pour le moment, ils me bichonnent.

Ils ?… le trio infernal, bien sûr. Mais encore ?

Tout simplement, un meneur, un navigateur et un groom. C’est que j’aime la compagnie… et ne dit-on pas que plus on est de fous, plus on rit… pas toujours vrai, il y a parfois des « coups de gueule »… mais ça ne dure jamais…

Pour le moment, ils sont aux petits soins : pendant que je me régale avec une bonne tranche de foin (surtout ne pas oublier d’en remplir un ou deux filets pour là-bas), AL (meneur), JC (navigateur) et F (groom) me brossent, curent mes sabots, me mettent quelques protections pour le voyage en camion. Et, docile, j’embarque. On m’attache. Normal. Mais ils ont pris soin de laisser un peu de mou, et surtout d’accrocher un des fameux filets… Pendant le trajet, je vais pouvoir continuer mon petit déjeuner. S’ils veulent que je prenne le départ, il faut faire en sorte que je sois en condition…

Hier soir, ils avaient pris soin d’installer, dans le camion, la voiture d’attelage, le harnais, et le reste de l’équipement, sans oublier des vêtements chauds (pensez donc, l’an dernier, nous sommes revenus sous la neige…), mais aussi quelques douceurs (café, eau, biscuits, fruits… de quoi, pour eux aussi, tenir le coup toute une journée).

Maintenant que je suis installée, bien calée, portes bien fermées, c’est à eux de prendre place et on va pouvoir prendre la route. Déjà le moteur tourne (JC a tout vérifié dans la semaine) et le camion avance lentement. Attention ! quelques pavés au départ, puis le macadam, mais pas question de s’élancer trop vite, il y a quelques virages puis la voie ferrée à traverser. Une fois sur l’autoroute, le camion pourra prendre sa vitesse de croisière… et je sais que je ne crains rien, JC est prudent et il me surveille ; coup d’œil furtif à l’écran qui est à ses côtés et, bien sûr, relié à la caméra posée à l’intérieur du camion.

Et c’est, bien tranquille, que je me laisse emporter, que je profite de ces derniers instants de repos… Vous vous en doutez, qui dit concours, dit engagement de soi… Faudra donc que j’y mette toute la gomme.

La prudence est de rigueur car, en quittant la cour pour monter dans le camion, il m’a bien semblé apercevoir le brouillard. Pas facile de rouler quand on ne voit pas grand-chose. Mais je connais JC, il prendra le temps qu’il faut pour arriver à bon port sans problème.

Tiens, il se pourrait bien que l’on quitte l’autoroute ; les bruits sont différents, bien moins de circulation, et on roule un peu moins vite.

A la façon dont le camion ralentit et tourne, je pense bien que nous arrivons à destination.

Quelques manœuvres pour installer le camion le mieux possible, facile d’accès, mais aussi pouvoir en descendre sans difficulté. Faire aussi en sorte que nous puissions quitter les lieux facilement en fin de journée.

Moteur coupé ; c’est bon, on est installé.

Les portes s’ouvrent, on me détache, on me flatte, on me caresse, et, comme une grande, je descends le ponton et fais quelques pas, histoire de me dégourdir les jambes (oui, les jambes ; un cheval a des jambes… vous avez bien lu…)

Et c’est maintenant que tout commence…

Avant tout, passer au bureau et s’inscrire. Ne pas oublier mes papiers (description de la bête, carnet de vaccination) ni ceux de mes acolytes (carte d’identité, licence).

Et voilà, c’est chose faite ; nous partirons avec le dossard « 12 »…

Où partons-nous, me direz-vous ?

Une fois que je serai prête, c’est-à-dire bien brossée, habillée du harnais et mise à la voiture, l’équipage se rendra à la Vérification de Sécurité. Impossible de prendre le départ de la compétition si je ne suis pas en état, idem pour la voiture et le harnais, ainsi que pour le matériel recommandé.

Et c’est une première note qui est donnée, sur 40. Bravo, ils ont obtenu un 39. Le point manquant ?… rien d’important, on en reparlera plus tard…

Mais, pour partir, il faut une carte, et un tracé.

C’est maintenant à JC de se mettre à l’ouvrage. Il aura 15 minutes pour recopier le tracé officiel sur une carte vierge. Facile, me direz-vous ? Pas tant que ça… il faut tout noter, surtout les pièges que l’organisateur-traceur n’a pas manqué de mettre sur le parcours… il faut aussi mesurer le parcours, et bien noter l’heure officielle de même que la vitesse indiquée pour le premier tronçon… il faut surtout lire la feuille d’instructions jusqu’au bout, certains points pouvant être importants dès le départ…

Attention ! Temps réglementaire terminé, il faut quitter la salle des cartes et se mettre en route. Vérification, dernier calcul et on grimpe sur la voiture. En route, Bohême !

On démarre en douceur, à 7 km/h. Vitesse à respecter car le temps imparti a été calculé et toute différence, en moins ou en plus, se verra pénalisée d’un point par minute.

On quitte le terrain de base et nous voici dans le village.

Surtout bien suivre le tracé et ne passer sur aucun détail.

Ici, un cours d’eau ; là, une église ; ou encore un carrefour, une voie ferrée, une route nationale, un chemin, une prairie, un bois…

J’avance d’un pas sûr, réagissant à la moindre demande d’AL qui a pris les guides.

On quitte le village pour un chemin pierreux mais carrossable, puis viennent quelques ornières. Accrochez-vous !...suivies d’un tronçon herbeux. C’est que le brouillard ne s’est pas vraiment dissipé, il faut bien regarder où l’on met les pieds.

Premier contrôle en vue. On s’arrête et on souffle 5 minutes.

On présente la feuille de route, où sont notées heures d’arrivée et de départ, sans oublier la mention « ok » ou « mauvais chemin »… ce qui nous vaudrait une pénalité de 30 points. Ouf ! rassurés… c’est un ok qui est indiqué.

Dans quelques minutes, on pourra continuer, mais, cette fois, à la vitesse de 10 km/h. Vite, on change de répertoire pour pouvoir combiner vitesse et distance sur la carte.

Top départ. Il me faut trotter si on veut respecter la vitesse imposée.

Soudain, JC est perplexe. A la lecture des instructions, il semblerait qu’un piège se prépare. Surtout ne pas tomber dans les mailles du filet.

On respire un grand coup, on garde son calme. On relit attentivement et on se penche sur la carte. On mesure la distance indiquée en comptant les tours de roue (rassurez-vous, il ne s’agit que de 50 mètres…) et on tourne non pas à la première rue à gauche, mais bien à la deuxième pour arriver à l’église. Le piège ? À la première rue, un panneau indiquait la direction de l’église… et, bien sûr, c’est un deuxième contrôle qui nous y attend…et, alors, 30 points de pénalité pour tracé non respecté… Ce serait dommage.

Piège déjoué.

De nouveau 5 minutes d’arrêt.

On prend note de la prochaine vitesse, 9 km/h. On revoit le tracé, on prépare la boussole car il y a des calculs aux azimuts… Il faudra à nouveau compter les tours de roue…. Des petites distances à chaque fois… mais beaucoup de précision dans les calculs, les rues et chemins ne manquent pas, il ne s’agit pas de prendre l’un plutôt qu’un autre…

Et la balade continue.

Le brouillard se lève, le soleil commence à poindre sous la brume. Ca risque de chauffer après-midi… Mais, pour le moment, on attaque une montée et on va bientôt se retrouver en pleine campagne. Bien jolie, d’ailleurs… 

Petite hésitation sur la voiture : prendre le chemin à 45°… mais où sommes-nous exactement ?… plusieurs possibilités… faut prendre le bon chemin… Il semblerait que celui de droite… on y va… et c’est, un peu plus tard, en arrivant au contrôle suivant que l’on comprendra qu’il fallait prendre celui en face… oui… mauvais chemin… 30 points de pénalité… 

Ne perdons pas courage ni bonne humeur…

Petite pause, vérification du prochain tronçon… semble facile… mais ne jamais baisser la garde, rester concentré.

Et cette fois on repart à 7,5 km/h.

D’après les calculs, les km déjà avalés, on ne doit plus être loin de l’arrivée ; ce qui ne veut pas dire que tout est gagné.

On traverse la grand route, on continue sur un beau chemin herbeux, on contourne un petit bois, on contourne un hameau et on peut apercevoir le parking et la prairie où les camions ont pris place ce matin. L’arrivée est à portée de main…. Oui, oui, dernier contrôle en vue. Youpi i… Il y a environ 3 heures que nous sommes partis…

On remet la feuille de route au juge qui transmettra au secrétariat après avoir complété les dernières informations.

On se dirige vers le camion où je serai dételée, déshabillée, bouchonnée, abreuvée, nourrie et laissée au soleil pour sécher (c’est que j’ai transpiré, moi…) et me reposer en attendant l’épreuve de l’après-midi. Seau d’eau et filet de foin sont mis à ma disposition… Je peux vous dire que je me régale… et le soleil qui me caresse la croupe et le dos… non, je ne donnerai ma place à personne.

Pendant ce temps, les gais lurons sont partis, eux aussi, casser la croûte. Une délicieuse odeur de barbecue… saucisses, merguez, tranches de lard… leur seront servies avec morceau de baguette et frites, sans oublier un peu de moutarde, de mayonnaise ou de ketchup pour les amateurs… Le grand air donne faim… il faut les voir déguster tout cela… ça fait plaisir à voir…

Bien sûr, commentaires sur le parcours, et questions … temps respectés ? un point par minute, ça peut faire grimper l’addition…et compromettre le classement.

Mais, ce qui est fait est fait, on ne peut rien y changer. Faut rester concentrés et se préparer à l’épreuve de l’après-midi, le parcours en terrain varié, soit une série de 16 difficultés réparties sur une distance de 1,5 km environ. Là, ce qui compte, c’est l’allure choisie (et maintenue) sur chaque obstacle, ce qui déterminera les points accordés. 10 pour le galop, 7 pour le trot et 4 pour le pas. Une rupture d’allure sera pénalisée de 3 points. Toutefois, deux obstacles doivent obligatoirement être passés au pas, le gué et la passerelle.

Avant tout, repérer le parcours, bien noter la succession des difficultés, les passer dans l’ordre indiqué.

Compte tenu de leur disposition, voir aussi si le galop est possible ou s’il vaut mieux assurer et rester au trot… That is the question !…

Tous les attelages sont rentrés de la balade du matin.

Tous les équipages ont pu manger, se reposer un peu.

On va pouvoir reprendre la compétition.

Les attelages, toujours dans l’ordre des dossards, vont prendre le départ et remplir le contrat.

C’est à mon tour de me positionner sur la ligne de départ.

Si AL et F ont pu se rendre sur le terrain et découvrir l’ordre et la disposition des difficultés, pour moi, c’est la découverte… Alors, attention aux ordres transmis. A moi de jouer…

Le départ est donné et je prends le trot. Inutile de galoper puisque, déjà, il me faut tourner, passer des portes, contourner des arbres. Puis arrivent les piquets et bouchons de couleur que F devra repositionner en bonne place. Je reste au trot pour me diriger vers le n° 3 et, là, AL me demande le pas… normal, il s’agit de franchir la passerelle. Mais, tout de suite, il faut répondre à son ordre : le galop pour affronter et grimper le plan ascendant. On repasse au trot car il y a un fameux virage à droite. Puis vient la Cloche, qu’il faut toucher et faire tinter. Ensuite, c’est le L qui nous attend, suivi de l’Immobilité (10 secondes sans bouger… pas toujours facile quand on vient de galoper…). On se lance alors vers une autre partie de terrain où vont se succéder la Forêt de Sapins (un slalom), le Trèfle à 3 feuilles (contourner 3 tonneaux dans un ordre précis), le Demi-tour à une main (les guides dans une seule main), le U. Retour sur le terrain principal où je vais affronter les 2 portes décalées (s’agit pas de faire tomber une balle), le départ en descente (5 secondes d’arrêt, terrain en pente, et départ au pas, en douceur…). Et là, je sens une certaine tension, non pas dans les guides, mais… comment vous dire ?…  le prochain obstacle se présente et, alors, je comprends… ce que AL va me demander, je ne sais pas le faire… reculer… c’est que je ne suis pas seule à faire la manœuvre… souvenez-vous, j’ai une voiture derrière moi… et il faut reculer à deux… non, c’est au-dessus de mes forces… non, non… n’insistez pas… Merci AL de si bien me comprendre et d’enchaîner bien vite avec la difficulté suivante…. Bien vite, c’est beaucoup dire puisque nous la ferons au pas, c’est du gué dont il s’agit. Le pas est obligatoire. Quant à moi, je m’arrêterai bien un peu, histoire de me rafraichir car, comme vous pouvez vous en douter, le soleil commence à chauffer et j‘ai pas mal galopé…Mais, à la voix d’AL, je comprends qu’il n’est pas question de boire pour le moment, le devoir m’appelle… Sortie un peu glissante, faut donc assurer. Et là, nouvel ordre… galop !  pour franchir les bordures maraîchères et atteindre la ligne d’arrivée que je passe avec brio. Voilà ! contrat rempli pour moi. J’ai fini pour aujourd’hui, à moi le picotin et le repos…

A nouveau, on me détèle, on me déshabille, on me bouchonne et j’ai même droit à une petite douche sur les jambes…  bien agréable, je l’avoue…

Et c’est de nouveau le dos au soleil que je vais déguster foin et granulés, sans oublier le seau d’eau posé à côté.

Au fur et à mesure du passage des concurrents (16 attelages étaient réunis aujourd’hui), les points sont encodés, à la suite des calculs de ce matin.

La proclamation des résultats ne devrait pas tarder.

Ca y est !

Le Président rassemble les troupes.

Je tends l’oreille… je suis concernée… c’est un peu moi qui ai fait le plus gros du boulot…

5ème au classement général, 3ème de ma catégorie, avec un total de 429 sur 500. Très beau résultat. On aura droit à quelques lots : casquette, tee-shirt, pack de bière.

On s’attarde un peu sur le détail des points et on grogne sur ceux « bêtement » perdus pour mauvais chemin…  mais bon… on fera mieux une prochaine fois.

Retour au camion. On rassemble le matériel, on range voiture et harnais, et c’est à mon tour d’y monter, après avoir enfilé mes protections. La route pourrait être longue, le beau temps ayant fait sortir du monde, sans doute bien des voitures sur les routes. Mais, nous avons le temps. Prudence avant tout.

Tout est embarqué, on peut démarrer.

Le camion s’ébranle et déjà je me cale sur mes 4 pieds, avec, devant moi, un filet à foin bien rempli. Pas de précipitation… faut déguster… je l’ai bien mérité…

Je m’assoupis un peu… aucune idée du temps écoulé…

Déjà, le camion s’immobilise et on bascule le ponton.

Serions-nous arrivés ? Il semblerait.

AL me détache et me fait descendre. Protections enlevées, je peux m’ébrouer un peu avant de rentrer, fièrement, dans mon box.

Oui, fièrement…

Et c’est là que je les reconnais, mes propriétaires… paille fraîche, foin, eau m’attendent, leur façon à eux de me dire Merci…

Je rentre chez moi, je me retourne et leur lance un long hennissement, un cri joyeux, ma façon à moi de leur dire Merci…

Je vais maintenant dormir tranquille, satisfaite du travail accompli.

Ils vont aller se coucher, peut-être refaire, en rêve, le trajet…

Et demain est un autre jour…

Qui est le plus heureux de nous ?…. Tous… chacun à sa façon…

Chacun avait un rôle à jouer.

C’est une équipe qui prenait le départ.

Un pour tous, tous pour un…

C’est quand le prochain concours ?… on s’y amuse tellement…

 

]]>
Wed, 20 May 2009 16:18:00 +0200 http://www.broomse.com/article-31373964.html Auteurs invités http://www.broomse.com/article-31373964-6.html
<![CDATA[A découvrir sur mon forum : Sandy Bel]]> http://www.broomse.com/article-31650631.html "Un songe d'oiseau" par Sandy, une auteure amérindienne ! ]]> Wed, 20 May 2009 13:37:00 +0200 http://www.broomse.com/article-31650631.html Auteurs invités http://www.broomse.com/article-31650631-6.html <![CDATA[La chambre par LINO]]> http://www.broomse.com/article-31649751.html La nuit la chambre devient l’antre des horreurs. Les deux masses obscures maintenant couchées l’une près de l’autre sont déchirées par la lame de lumière pénétrant des persiennes mal fermées avec un silence qui, il n’y a pas très longtemps, était un rassurant murmure urbain. La pièce est pleine d’une odeur répugnante, celle du vendredi, le jour du massacre des poissons. Ils dorment, dorment et rêvent comme dorment et rêvent les monstres assouvis. Ils grommellent, gémissent, sifflent, soufflent, suffoquent, se tournent et grommellent encore.

Dans son aquarium, immobile, terrorisé, le petit poisson rouge fixe les deux formes imprécises, craignant leur brusque réveil. Mais il craint davantage, vigilants sur les tables de nuit acajou, aux côtés du lit, plongés dans l’eau des verres, atroces comme de vagues promesses de mort, leurs sourires menaçants.

 

Lino

]]>
Wed, 20 May 2009 13:08:00 +0200 http://www.broomse.com/article-31649751.html Auteurs invités http://www.broomse.com/article-31649751-6.html
<![CDATA[L’esprit de Monsieur Voltaire – Sonia Geburher]]> http://www.broomse.com/article-31332490.html

la prière

« Herr, komme und teile unser Mahl! » [ Seigneur, viens partager notre repas]        C’est ainsi qu’à deux heures de l’après midi ,commençait le repas autour de la table commune. Louise récitait ce début de psaume, tandis que je contemplais mes doigts croisés. Ne pas regarder les plats ; ne pas humer le fumet de la soupe de pois cassés. J’imaginais la saveur des petits lardons cuits depuis de longues heures dans une marmite rebondie au couvercle pesant qu’il fallait soulever avec d’épais Topflappen [ maniques] crochetés en coton par ma tante Louise. Je m’efforçais de river les yeux sur la nappe, le point de croix, le coton perlé au reflet bleuté et le motif soutenait mon attention. « Herr komme… » Et si le Seigneur venait vraiment ? Faudrait-il partager mon assiette de soupe fumante ? Partager ? Mais si le Seigneur tourmenté par la faim engloutissait toute l’assiette ?

 

 le crucifix          

Mon amie Brigitte habitait de l’autre côté de la Gehrenbachstraβe. Ses deux parents étaient catholiques. Elle était donc catholique. Un crucifix était accroché au mur de la «  Gute Stube » [salle de séjour] de ses parents. Le corps efflanqué du Christ, le visage émacié, l’immensité de cette souffrance m’impressionnaient. Les protestants luthériens ne m’offraient aucune représentation humaine du Seigneur. Ce crucifix modeste m’émouvait ; il avait été sculpté par les mains malhabiles et sincères du père de Brigitte, alors prisonnier de guerre dans une ferme française. Ce crucifix, je l’apercevais chaque matin lorsque je passais chercher Brigitte pour nous rendre au Kindergarten [jardin d’enfants], et la nudité de ce corps famélique, écartelé sur une croix par des clous surdimensionnés, m’accompagnait sur la route du jardin

d’enfants. Il pleuvait chaque matin. Puis la neige s’installa pour de longs mois. Ce corps torturé du crucifix me hantait durant mon trajet matinal. Après un parcours d’un bon kilomètre dans la neige, avec mon amie Brigitte, la vision du crucifix me hantait à nouveau dans les escaliers, lorsque je revenais du « Kindergarten ». Je grimpais lentement les hautes marches de bois, peintes en rouge que chaque locataire devait alternativement astiquer. Les femmes se plaignaient et annonçaient déjà la veille, ou l’avant-veille de la corvée, que leur tour de nettoyage était revenu. Puis elles mettaient un point d’honneur à rendre les marches encore plus glissantes, encore plus rouges , encore plus redoutables à gravir . A la fin de ces travaux, elles accrochaient fièrement un écriteau « Achtung, frisch gebohnert ! »[Attention, récemment ciré !] Dès que j’apercevais cet écriteau, que je ne savais pas encore déchiffrer, mais dont je comprenais la mise en garde, je me demandais si le Christ allait pouvoir gravir ces escaliers avec cette croix ou bien s’il décidait de monter sans sa croix ; alors où allait il la laisser ?

 

La soupe

Les appels de ma tante Louise dans la cage d’escalier me réveillaient de mes songeries. Avec vaillance, je me lançais à l’assaut des marches. Mes jambes de parisienne de quatre ans tremblaient en franchissant ces lacs de pourpre, avant d’atteindre le seuil salutaire du dernier étage. Les effluves de la soupe de pois cassés m’y accueillaient. Les lentilles, l’orge perlée, variaient le goût ou la couleur de la soupe qui m’attendaient, rituellement , quotidiennement. « La brune », « la verte », « la blanche », c’est ainsi que je les identifiais. Leur texture restait identique : « sämig » [bien lié], ainsi disaient les connaisseurs. Louise, ma tante allemande mettait un point d’honneur à me nourrir abondamment. L’enfant venue de Paris, « la revenue », devait repartir avec des joues roses et des formes rebondies.

 

Le quotidien

Trois quatre ans après la fin de l’enfer des bombes et des millions de morts entrainés par la folie meurtrière hitlérienne, l’Allemagne continuait à se nourrir

grâce aux talents, aux efforts farouches de toutes ces femmes restées sans maris, sans fils, sans foyer, et l’énergie de survivre dynamisait les jambes, arquées sous les charges, les mains se déformaient, les doigts se tordaient sous la rigueur de travaux d’ordinaire réservées aux machines. D’ordinaire ? C’était l’ordinaire de la vie à Schwerte en Rhénanie du Nord-Westphalie ; Schwerte faisait partie de la  zone militaire britannique » ; c’était, une petite ville , où une « Siedlung »[ lotissement] de cheminots hébergeait des survivants du naufrage hitlérien. Louise et Max occupaient un appartement de trois pièces dans cette cité. L’une des modestes pièces avait été cédée au fils de Louise et à sa jeune femme Trude qui l’avaient transformée en chambre à coucher. Pour prendre leur repas et partager leur vie, Heinz et Trude devaient descendre deux étages pour rejoindre une chambrette concédée par les parents de Trude. Heinz travaillait dans les chemins de fer, tandis que Trude gérait les comptes dans une coopérative d’achats. Des années durant Heinz et Trude, deux géants nordiques, montaient et descendaient inlassablement les marches luisantes de bois rouge pour rejoindre, tantôt l’une, tantôt l’autre chambrette. A midi, ils se nourrissaient de tartines de pain de seigle avec du saindoux, parfois agrémentées d’une fine tranche de lard cartilagineux.

 

au jardin d’enfants

Et c’était ce que je devais également emporter au jardin d’enfants pour prendre mon second petit déjeuner après la récréation. Dès que je déballais mes « Butterbrote » [mes tartines] mon estomac se révulsait. Les diaconesses exigeaient avec obstination que je termine ce lard cartilagineux et mes tartines de saindoux ; je mâchouillais, je commençais à tousser et, subrepticement je crachais dans mon mouchoir . Cette déglutition, je la destinais aux poules qui vivaient dans une cabane tout au fond des  «  Schrebergarten »[jardins ouvriers] prolongeant la maison où Louise et Max habitaient. Heureusement qu’il y avait mon amie Brigitte ! Lorsque je passais chez ses parents, son père m’accueillait avec un retentissant « bonchour  , la pariezienneu ! » ; puis il prenait une cuillère à café et l’enfonçait dans une motte de beurre et Brigitte devait recevoir cette offrande comme une hostie consacrée. Ensuite, on lui remettait des tartines de « Pumpernickel » [pain noir de Westphalie] avec du miel artificiel ou bien de la marmelade. Parfois, sur le chemin, nous échangions nos tartines.                                                                                                                                   Lorsque nous arrivions au jardin d’enfants, nous devions nous séparer. Brigitte était catholique et ma tante était luthérienne ; j’étais donc considérée comme luthérienne. Après les bombardements, pour parer au plus urgent, il avait bien fallu utiliser un « Mischkindergarten » [jardin d’enfants « mixte » !] . Telles des gardeuses d’oies ou des gardeuses de canetons, les diaconesses , et les bonnes sœurs, appelaient leurs ouailles respectives. Les locaux étaient séparés par un long couloir. L’aire de jeu des catholiques possédait un « Sandkasten » [bac à sable] et une « Rutschbahn [toboggan], tandis que les luthériens avaient des balançoires . Les deux aires de jeu étaient séparées par « ein Maschendraht » [une clôture en fil de fer grillagé]. Pendant la récréation, comme les enfants luthériens refusaient de jouer avec une enfant parlant avec un accent français prononcé, je me dirigeais vers le grillage et j’appelais Brigitte. Elle arrivait aussitôt ; nos petites mains de quatre ans accrochées au grillage, nous tentions de nous sourire, de nous parler en mêlant des mots allemands, français, westphaliens ; et puis cela débouchait en fou rire. Hélas, finie la récréation ! Et après, la prière, avant d’entamer ces horribles tartines au saindoux. Ah, si j’avais pu offrir à ce malheureux Christ, ces tartines de saindoux accommodées au lard cartilagineux ! Mais il ne pouvait pas intervenir, car il était crucifié et ses clous étaient surdimensionnés.

 

 la visite du Bon Pasteur

    Un beau jour, ce fut le branle bas de combat. On apporta un grand fauteuil en bois et on disposa , en arc de cercle, face au fauteuil, de petites chaises en paille, destinées aux enfants. Le pasteur s’était remis d’une longue maladie et nous devions chanter des cantiques pour célébrer sa venue. Il s’assit et décida de nous initier à la religion. Comment devenir un bon luthérien ? Il choisissait pédagogiquement des images et des expressions qui correspondaient à notre âge : « Si vous faîtes votre prière avant de manger, et avant d’aller vous coucher… » - Oui, bon, pas de problème ; on me fait prier plusieurs fois par jour- « Si vous terminez la nourriture que le Seigneur vous a offerte… » - Ah, là, il y a un petit problème ; je termine les tartines de Brigitte, et mon assiette de soupe de pois cassés ; quant aux tartines de saindoux, je les donne aux poules. Ma tante disait que ma grand-mère Frédérique répétait souvent « geben ist seliger als nehmen ! » [Donner sera plus sanctifié que de prendre !]. « Alors, vous aurez le droit d’entrer au Paradis ! Le Paradis, c’est l’Eden, un merveilleux jardin d’enfants , où siège Dieu et autour duquel jouent les élus »- Bon, je pense que je pourrai bien aller au Paradis. Et Brigitte aussi. Et pour le déjeuner, nous dégusterons ensemble les œufs à la coque avec des mouillettes et le délicieux gâteau de fromage de ma maman, accompagné des fruits du verger de ma tante Rose et de mon oncle Léon ; ah, les cerises juteuses, les abricots moelleux, les pommes croquantes ! Et ensuite, nous jouerons ensemble. Mais soudain, un éclair frappe ma vision . Ma joie s’obscurcit, mon cœur s’angoisse. Alors, à voix haute, j’interroge le Pasteur, le porte parole de Dieu Le Père : « Est-ce qu’il y a dans le Jardin d’Eden « ein Maschendraht » [une clôture en fil de fer grillagé] qui sépare les enfants « katholisch »[catholiques] et les enfants « evangelisch » [protestants ] ?

Horrifiées, les diaconesses se ruent sur moi , pour tenter de me faire taire, en me bâillonnant la bouche. Mais le Pasteur, interloqué, les arrête. Fort intrigué par l’accent de cette blondinette aux nattes épaisses, il demande qui est cette enfant. Les diaconesses lui répondent que je suis la nièce de Louise et lui murmurent à voix basse que mon père Willi a été incarcéré dans un camp de concentration : « Er war gegen Hitler , er war im KZ  » , comme si mon père était un assassin !           

 Le Pasteur, profondément bouleversé, se rendit dès l’après midi chez ma tante, tandis que je faisais la sieste. Il resta longtemps, et posa de nombreuses questions à ma tante; lorsque je me réveillai, il était toujours  dans la « Wohnstube » [salle de séjour] ; il me demanda ce qui avait motivé ma question concernant le Paradis. Avec mon allemand de fortune, je lui répondis que j’avais une amie, Brigitte ; elle était catholique ; durant la récréation, j’aurais aimé jouer avec elle dans le bac à sable, ainsi qu’à la balançoire.             A Paris, les maîtresses n’étaient pas déguisées, ne demandaient pas aux enfants de prier et je ne savais même pas si mes amies étaient catholiques, protestantes ou juives ; quand le Pasteur entendit cela, il s’écria « Ach, der Geist von Voltaire ! »[ Ah, c’est l’esprit de Voltaire !]  Médusée, je le regardai rire et je lui demandai qui était Monsieur Voltaire. Le Pasteur me rétorqua : « tu ne le connais pas, mais tu es une vraie française ! »[eine Waschechte Französin !]   

]]>
Sun, 17 May 2009 15:54:00 +0200 http://www.broomse.com/article-31332490.html Auteurs invités http://www.broomse.com/article-31332490-6.html
<![CDATA[OFFRE SPECIALE- Sonia Gebuhrer]]> http://www.broomse.com/article-31332071.html Offre spéciale : « en un clin d’œil vous perdez cinq kilos, grâce à la pilule C Q! »

Devant le kiosque qui affiche cette annonce dans un magazine féminin, un vieil homme en guenilles présente une pancarte avec un gobelet en plastique. « J’ai faim, juste une petite pièce pour manger ! »

Il pleut ; c’est de la neige fondue. Le vieil homme se recroqueville tant bien que mal dans son carton qu’il vient de récupérer dans un dépôt d’ordures.

 Les gens passent sans prêter attention à ce tas affalé ; parfois, un passant lui jettent quelque menue monnaie sans le regarder. Certaines personnes achètent le magazine féminin avec cette offre de la pilule C Q. D’autres, choisissent des revues qui proposent les adresses des meilleurs et des plus sélects restaurants, ainsi qu’une étude comparative entre les crus classés , des champagnes, des digestifs de très haut de gamme.

Le vieil homme interpelle les passants : «S’il vous plaît, j’ai faim, juste une petite pièce… »                                                                           
« Désolée, vous devriez moins boire ! »
                                      
« Vous pourriez aller au resto du coeur »
« Je regrette, je ne suis pas l’Armée du Salut !"
                
« Adressez vous au Secours Catholique, ou au Secours Populaire."                                           

La neige fondue devient neige ; en quelques minutes les flocons recouvrent le sol et pénètre le carton du vieillard en loques.

Soudain une musique « chébran » retentit. C’est le portable d’une jeune femme. D’une main, elle tient le magazine qui propose la pilule C. Q., tandis que son autre main, fouille dans son sac « Lancel » venu du Bengladesh. Elle décroche :« Oui, allo ,mon Bibi, oui ! Super ! T’as réservé une suite à Cham ! Je t’adore ! On va s’éclater ! ». Pendant que cette Phryné répondait à son Bibi, elle arpentait le trottoir, juchée sur des échasses dans ses bottes « Hermès », achetées en Chine pour l’équivalent de deux poignées de riz. Sans même prendre garde, elle renverse le gobelet en plastique destiné aux oboles. Les piécettes s’éparpillent dans la neige. Le vieil homme, trempé comme une éponge que l’on aurait immergée dans un seau d’eau glacée, proteste d’une voix haletante :                                                                                                                       
« Mais qu’est ce que vous faites, ma belle ; faites attention quand même ! Comment je vais manger ? Toutes mes pièces sont tombées dans la bouche d’égout ».                                                                                                                                           Alors la Phryné hausse les épaules : « D’abord, je ne suis pas « votre belle », et puis qu’est ce que j’y peux, moi, vous n’avez qu’à vous installer ailleurs. Vous ne voyez pas que vous gênez tout le monde ; avec votre look qui pue, vos plaintes, j’ai faim, j’ai faim, j’ai faim… qu’est ce qui vous empêche de  manger ?
 « Vous pourriez au moins m’aider à récupérer mes pièces, c’est vous qui… »
« Et puis- zut !- j’ai autre chose à faire ; la nuit tombe ; si je veux entrer dans ma combinaison de ski, j’ai intérêt à aller acheter la pilule C.Q.  ».

D’un pas décidé, la Phryné, se dirige vers le magasin ARNAC&TOUBIDON dans l’espoir de « resculpter » et d’optimiser sa silhouette. Mais alors , avec ses bottes « Hermès » qui ont la forme de boites à violon, elle glisse soudain sur les piécettes cachées dans la neige. Elle tente désespérément de retrouver l’équilibre, mais en vain. Un cri. Une chute…

Le SDF appelle les secours avec le téléphone portable de la Phryné.                                             

Devant le kiosque, l’offre spéciale continue à offrir « la perte de cinq kilos en un clin d’œil » et en dessous, un article annonce qu’une jeune femme a été transportée dans le coma en raison d’une chute causée par la neige.

]]>
Sat, 16 May 2009 15:41:00 +0200 http://www.broomse.com/article-31332071.html Auteurs invités http://www.broomse.com/article-31332071-6.html
<![CDATA[L'envers du miroir - Pascale Déplechin... sur MCD]]> http://www.broomse.com/article-31463501.html Pascale Déplechin, fidèle chroniqueuse de mon blog a été "publiée" sur Mot Compte Double (Françoise Guérin). Sa nouvelle : L'envers du miroir.
Un bon moment de lecture ! Pour y accéder
cliquez ici ou sur la photo.
EJB
]]>
Fri, 15 May 2009 19:20:00 +0200 http://www.broomse.com/article-31463501.html Auteurs invités http://www.broomse.com/article-31463501-6.html