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http://www.broomse.com/article-20850682.html
Il a huit ans.
Il vit à la campagne. On lui a appris la vie comme on raconte une histoire. Il y a les épis
gonflés. L'odeur de la terre fraîchement retournée. Et surtout, plein d’espoir naïf en l’avenir.
Il a pu quitter l’école, face à l’église : une vieille est morte. Son père chante la
messe devant l’harmonium poussiéreux. Et lui, il est enfant de chœur, « un petit rouge » comme ils disent au pays. Il a, en effet, enfilé sa soutanelle rouge et le surplis blanc
finement brodé à la taille.
Ite missa est. Il supporte la lourde croix du Christ argenté devant le cortège et le curé
courbé en soutane noire articule des mots inutiles et mystérieux. Les mains accrochées à la grille de l’école, les autres enfants le regardent, dépités. Et lui, il marche fier comme un pape.
Vedette d’un jour. Le break Buick roule au pas, chargé de couronnes. Derrière, aux premiers rangs, la famille et les amis pleurent ; plus loin, les langues se délient et les plus délurés
racontent des blagues, impatients de rejoindre l’unique bistrot du village et d’ingurgiter une bière fraîche.
L’enfant marche, fier et droit, ignorant les regards. Hors du temps.
L’étroit chemin vers le cimetière longe les prairies où des chevaux apeurés galopent au
rythme de la marche funèbre de Chopin qui lui met les tripes à vif. Il pense que le jour où il mourra, il faudra que le soleil soit lourd, qu'il n'y ait plus de fanfare ni de « petit
rouge » pour éviter qu'un autre enfant ne porte une croix. Il ne retournera pas à l’école ce matin.
Le temps passe, il attend comme un cadeau le prochain mort. Les enterrements se succèdent,
ses pas prennent de l’assurance et ces jours-là, il jubile : ce ne sont pas les clients qui manquent !
Le curé l’appelle en urgence à la nuit tombante. Une autre mort s’annonce. Ce sont les
derniers instants. Ils partent tous deux à travers les rues obscures, lui en soutanelle et le curé portant précieusement une boîte en argent contenant le Saint Chrème, mélange d’huile d’olive et
de baume, l’huile des malades… l’extrême-onction. Leur chemin croise une grenouille de bénitier qui, sans hésiter, s’agenouille dans une flaque d’eau et se signe au passage de cet étrange couple
rouge et noir. L’enfant bombe le torse et ne peut réprimer un sourire à la vue de cette mégère qui aura bientôt son tour…
Il grandit, doit quitter le village pour l’internat d’un collège de Jésuites. En ville. Il
sert encore la messe dans une petite chapelle mais… il n’y a plus d’enterrements. La nostalgie de la mort l’envahit. Les autres, ils sont sportifs, font des blagues, parlent des filles, chahutent
et fument en cachette… Lui, il s’isole, relégué au dernier rang et au fond de la classe. Durant les vacances, il se mêle à la foule des endeuillés et suit les cortèges funèbres, jalousant
l’enfant de chœur qui parade en tête.
Il a dix-huit ans. L’heure du choix. Il sera prêtre !
Il le devient et la chance est de son côté : il remplace le vieux curé de son village.
Les enfants de chœur se font de plus rares et leurs habits sont rangés dans les larges tiroirs de la sacristie. Des laïcs ont désormais pris leur place. Bigots, bigottes lui présentent les
burettes, font la quête, allument l’encensoir… et lors des enterrements, le curé part seul en voiture jusqu’au cimetière mais reste le maître des cérémonies. A lui d’accompagner les familles dans
la mort, de prendre la parole pour vanter les mérites du défunt, d’exalter l’émotion, de faire descendre le cercueil dans le trou. Dans ses rêves les plus fous, il se voit enfilant la soutane
rouge des cardinaux mais la réalité est tout autre. Il doit même quitter sa soutane noire pour le costume gris foncé de clergyman.
Dans la sacristie, il contemple souvent ses chasubles de toutes les couleurs, du violet au
vert, du rouge au noir, de l’or à l’argent pour les grands jours.
Les années passent. Ses parents sont morts depuis longtemps. La paroisse est sa seule
famille. C’est le temps des rides et des cheveux blancs. Un soir, la mort lui fixe un ultime rendez-vous. Dernier jour de gloire.
Le curé du village voisin assure la cérémonie. Une lettre lui a été remise par une dame de
confiance. Ce sont les dernières volontés du prêtre décédé. Ni fleurs, ni couronnes mais…
Le curé allume un grand cierge blanc, s’incline devant la dépouille, étale soigneusement sur
le cercueil un court surplis blanc et une soutanelle rouge…
Dehors, le soleil est lourd.
EJB
Dans la collection "Rouge !", Françoise Guérin publie ce texte sur Mot Compte Double. Pour lire les commentaires émis sur son
site cliquez ici.
]]>fr2008-07-03T20:17:01Z
http://www.broomse.com/article-20298696.html
Les
vautours
Tu avais refusé de jouer aux billes avec les autres enfants. Criards, méchants, vulgaires. Dans la cour carrée, murée de classes, il te restait les coins. Assis par
terre, tu y calais le dos, écartais les jambes et, à la craie, tu dessinais tes mots...
"Amérique" et tu traversais l'océan, libre et léger, foulais le sable des déserts vers le Grand Canyon, traversais les rivières hostiles, poussais de longs cris de
guerre ; tu t'égarais parfois, t'endormais à la belle étoile.
"Lorenzo", c'était le frère que tu n'avais pas eu, basané, foulard au cou, les cheveux noirs, les yeux cerise. Il riait très fort et courait plus vite que toi sur ses
jambes maigres.
"Maria", la sœur de Lorenzo, avait accepté de t'épouser. Dans quelques années. Elle avait le même visage rieur mais le corps plus fin et quelques différences encore
peu visibles.
Tu ne quitterais jamais Lorenzo.
Tu entremêlais les lettres de tes trois mots, y ajoutais ton prénom... "Samuel".
Que faites-vous là ? Levez-vous ? Où avez-vous pris cette craie ?
(L'instituteur ne laissait pas le temps de répondre.) Vous prenez la cour pour un tableau ? Vous allez m'effacer ces graffiti tout de suite ! Et puis, filez en classe. Je vais vous
apprendre, moi...
Tu n'écoutais plus.
Que pouvait t'apprendre ce vieux prétentieux, ce musée d'un savoir inutile ?
Tu appelais Lorenzo à ton secours et l'instituteur finissait par rôtir au soleil, le cou étranglé lentement par une cordelette de cuir mouillée qui se resserrait
seconde par seconde.
Les vautours rôdaient déjà...
Tu avais refusé de sortir avec tes copains. Pas l'envie du bistrot. De te soûler de bière. De te mêler aux filles, à leurs jeux d'amour, stupides. Pas l'envie de
cette musique dégénérée, de la fumée suffocante de ces cigarettes au goût étrange. Alors, tu marchais. Seul. Longtemps. Par les ruelles les plus obscures, mortes comme inhabitées. Sauf par les
chats. Tu repérais un rare réverbère - halo de soleil triste sur mur vide - sortais ta bombe de couleur acrylique et là, entremêlant les arabesques d'un mouvement sûr et rapide, tu taguais tes
mots.
L'Amérique était plus habitée et bruyante de mégalopoles où les races se brassaient. Des enfants hybrides y couraient, fonçaient sur leur skate. Tu les
évitais.
Lorenzo et Maria avaient grandi.
Lui, fin, racé, félin.
Elle, comme lui, en femme. Presque. Les différences étaient maintenant visibles, et tu finissais par croire que tu l'aimais autant que Lorenzo. Parfois plus !
Puis, tu te calmais, t'avouais que c'était son corps qui t'attirait, ces mystères qui ne le resteraient plus longtemps pour toi. Tu l'avais même embrassée un soir. Goût velours de pêche. Elle
s'était toute promise.
Embarqué par la police. Vérification d'identité. Destruction des biens publics. Délit d'écriture ! Tu vas le payer cher.
Si au moins c'était utile. Mais non ! C'est écrire pour salir nos villes.
Ils n'ont pas fait effacer. Ils comptaient sur la pluie, quasi quotidienne dans ce pays pourri. Tu appelais Lorenzo qui percutait la camionnette à gyrophare, te
libérait et t'emportait. Loin des rapaces.
Mais la vie s'occupa de toi. Il y eut beaucoup d'autres cours de récréation et de ruelles. Sinistres. Tu vieillissais. Maria et Lorenzo aussi. Mais moins vite. Ils
demeuraient plus beaux.
Maria avait fini par tout te donner. Seins et hanches. Ouverte comme une fleur tiède. Et tu y habitais à l'abri du malheur.
Lorenzo était fier de sa sœur ! Mais il savait que tu ne serais plus jamais le même avec lui. Il continuait à rire. Comme avant. Plus fort même, trop fort. Tu
lui demandais ce qu'il avait. Il te disait qu'il était heureux.
Et ces soirs-là, Maria se faisait plus provocante, plus animale. Elle disait que le plaisir était source d'amour et non le contraire. Tu écrivais encore, à l'encre
noire, tes mots sur les pages.
L’Amérique était devenue ce qu’elle est et restera. No comment !
Tu fus happé, arraché du chaud du lit.
Une maladie venue d'Afrique, disait-on, par la faute des hommes, insinuait-on. En quelques mois, elle te grignota. Il était temps de tout effacer. Ou de laisser faire
la pluie. Assez joué ! Assez vécu !
Maria te tenait la main. Pleurait. Lorenzo te serrait les poignets, fort, très fort. Il te fixait de ses yeux cerise. Te communiquait vainement sa vigueur. Puis, ce
fut le vertige du vide. La main lâchée. Le trou béant. La chute vers une vie éternellement autre.
Les vautours s'étaient envolés.
EJB
Le n° 45 de la revue de littérature « Les Hésitations d’une Mouche » vient de paraître.
En entrée, la Mouche se délecte d’un texte de notre ami Patrick L’Ecolier (Calipso
http://calipso.over-blog.net) qui visite les
mystérieux territoires de l’écriture surtout quand il s’agit « en toute subjectivité » des concours
littéraires.
Nouvelles : L’île des sourds (Sophie Dabat), Les VAUTOURS (Ernest J. Brooms), Trahisons (Frédérique Leroy), Bête et méchant (Geneviève Montaucet),
Gourmandise (Didier Leuenberger).
Textes courts : Vivre pour ses phrases (Patricia Villard), Les assassins et Nous les Robots (Gilles-Marie Chenot), Maux croisés (Serge
Muscat).
Poésies : Aude Roumégoux, Alain Janisse, Brigitte Bianco.
Et en quatrième de couverture, pour finir en beauté « L’amplificateur de hochements de tête » de Jean-Claude
Touray.
Le choix des Lecteurs
Aude Roumégoux
pour : Ses poèmes
Didier Leuenberger
pour : Gourmandise
Ernest J.Brooms
pour
: Les vautours
Je vous invite à découvrir et à soutenir cette revue de littérature si vous ne la connaissez
pas encore. Voici quelques références utiles...
Le site de la revue , La revue en ligne, Abonnement, Des commentaires sur le n° 45Ernest J. Brooms
]]>fr2008-07-03T20:25:09Z
http://www.broomse.com/article-20053105.html
Un ciel
immensément gris et uniforme pèse de tout son poids sur la ligne d'horizon. A l'infini... Dense mais fine, la pluie n'a cessé de tomber depuis le matin. Elle s'abat sur les champs dénudés,
s'infiltre dans l'herbe flétrie des prairies, crépite sur les tuiles poreuses d'une petite maison basse, perdue, éperdue, comme abandonnée au milieu de l'espace endolori.
La main se referme, décidée, sur la boule du changement de vitesses et la pousse sèchement vers l'avant. Le moteur,
violenté, s'emballe et rugit. Le pied droit enfonce la pédale de frein et la voiture ralentit brusquement. Le passager, projeté vers l'avant, doit se tenir au tableau de bord.
Le conducteur, un homme distingué d'une quarantaine d'années, bien bâti et solide, sort du véhicule. Devant lui, la
maison basse.
Le visage buriné par le vent des campagnes, engoncé dans un costume d'épais velours, l'autre le rejoint.
- Et voilà, c'est là !
Il a la voix dure comme ses mains. Il sort une grosse clé qu'il introduit dans la serrure. La porte résiste un peu et soudain, cède.
- Ce n'est rien, un peu d'huile et... voilà ! Je vous laisse regarder à l'aise. Prenez votre temps. Faites comme chez vous... J'ouvre les volets, puis je vais vérifier la clôture de la prairie...
A tout à l'heure !
Henri Dubreuil pénètre dans une pièce spacieuse et désertée. Le mur, à sa gauche, est garni d'un papier peint défraîchi où des fleurs géantes grimpent vers le plafond à voussettes. Entre les
tiges énormes, deux tableaux, dépendus il y a peu, tracent des rectangles plus clairs. En face, près d'une petite porte basse, veille une ancienne horloge au balancier de cuivre encore
brillant.
Henri suit un instant le balancement perpétuel, immuable du temps. Mais vite, un ancien feu au charbon, un feu "crapaud"
comme disent les campagnards, attire son regard friand d'antiquités. Le poêle ne dégage aucune chaleur, la charbonnière est vide... comme le large fauteuil d'osier, éreinté par les ans. Une porte
est entrouverte sur une chambre, à droite, il la pousse. Une odeur âcre, moite et humide, lui monte au nez. L'odeur des morts qu'on y entreposait avant l'enterrement. Il n'insiste pas et se
retourne. En face, deux marches de pierre bleue, usées à l'emplacement des pieds, mènent à une plus petite chambre accueillante mais fraîche. Les autres portes livrent leur secret. Celle de la
remise devra être remplacée. La cuisine est grande et agréable. Henri se dirige vers la fenêtre, l'ouvre et, devant lui, l'immensité des champs mouillés. Le calme, la paix, enfin trouvés.
Le froid s'élance de la plaine, traverse les champs nus et frappe de plein fouet le visage de Dubreuil. La fenêtre est
vite refermée. L'homme se retourne et revient dans la pièce, devant. Ses doigts ont saisi machinalement une cigarette et la fumée se mêle à la moiteur de l'air. Le fauteuil d'osier craque
lorsqu'il s'assied. Un curieux mélange s'opère alors dans l'esprit de Dubreuil : humidité ambiante, odeur de moisissure, exiguïté du bâtiment... On y respire le silence tranquille et serein. Pas
tout à fait : un léger bruit l'accentue. Un battement régulier, un décompte incessant, le cœur de la vieille horloge bat le temps qui trépasse.
A chaque mouvement du corps, l'osier du fauteuil gémit. A chaque craquement, l'horloge répond par son chant métallique. Le tic-tac découpe le silence mécaniquement. Il s'amplifie dans la tête de
l'homme ; la sueur perle à la base du front, une bouffée de chaleur envahit chaque pore et les doigts se crispent, le buste se raidit... Le bruit obsédant heurte les parois du cerveau en oiseau
affolé. Les yeux hagards de Dubreuil se tendent vers l'écran ivoire.
La grande aiguille noire ciselée ne tressaille pas comme la plus petite qui sursaute et stabilise de minute en minute. Les yeux de l'homme y sont rivés. Plus rien n'existe.
Le décor vacille, les formes fondent, les murs s'écartent, les poutres craquelées éclatent.
Mais le long pendule de cuivre bat, imperturbable. Le temps a perdu de sa consistance. Minutes et heures fuient.
Les jours, les ans défilent, fiers et tristes.
Et le bras de cuivre dirige le bal et bat toujours plus fort.
Ce n'étaient plus les mêmes objets. Il faisait sombre. Entre chien et loup.
Au pied de la hautaine horloge, un corps de femme gisait. Une jupe d'épais tissu, mi-relevée, découvrait de longues
jambes, tuméfiées, serrées aux genoux... Le visage disparaissait sous la masse des cheveux emmêlés. Au cou, brillait un médaillon doré au coeur de verre, fracassé. La femme pleurait. Et le
pendule marquait le temps du silence. Le ventre se soulevait, l'horloge battait, le ventre se tendait, le cuivre brillait dans l'ombre. Et l'homme, debout, se reboutonnait. Il attrapait une
bouteille de genièvre et en avalait une large lampée. Assis sur une marche de l'escalier qui menait au grenier, l'enfant regardait par la porte entrouverte. Les yeux vidés.
Dubreuil se frotte les yeux ; en lui, la douleur se réveille. Ses doigts appuient sur les tempes, glissent sur la barbe
naissante, enserrent le cou et la chaîne d'un vieux médaillon doré...
L'unique fenêtre donne sur la rue déserte, le potager et le petit sentier aujourd'hui impraticable. L'enfant y court et
l'homme le poursuit. Sale garnement, tu vas voir quand je vais t'attraper ! L'enfant se retrouve dans la cave à charbon, une sorte de réduit triangulaire sous l'escalier. L'obscurité totale, la
peur. Le beau-père l'a toujours détesté. Jaloux de l'amour porté à l'enfant par sa mère. Alors, il fallait nettoyer le jardin, ne laisser aucune mauvaise herbe. Vider la fosse à purin en y
plongeant un seau, tirer sur la corde pour le faire remonter et le jeter sur le potager. Rien de tel comme engrais ! Et va plus vite, tu te traînes. T'es qu'un paresseux ! Tu vas voir... L'enfant
devait s'agenouiller sur des branches de saule fraîchement coupées et le beau-père retirait sa ceinture de cuir tressé et frappait sous les pieds nus, sur les mains, sur le dos... Et ne t'avise
pas de crier. Personne ne t'entend ici ! T'es bien comme ta mère, une mauviette !
Puis un jour, tout s'accélère. Le beau-père est arrêté. Une bagarre qui tourne mal dans un bistrot. Un coup de couteau et
un mort. Les enquêteurs découvrent un enfant amaigri, les yeux hagards. Il crie et se débat. La mère aussi. Le corps de l'adolescent ne laisse aucun doute sur les traitements qu'il a subis. La
mère ne peut expliquer pourquoi elle a laissé faire. Elle sera condamnée pour non assistance à personne en danger, déchue de ses droits. Et l'enfant rejoindra l'orphelinat des Mères de l'Enfant
Jésus, dans la ville la plus proche. Puis, il sera adopté par une famille d'accueil. Une, puis une autre, puis une autre... s'éloignant à chaque fois un peu plus. Des souvenirs en pagaille. Des
gens gentils, accueillants, intéressés, intéressants, jeunes, plus vieux... et surtout, Robert et Danielle, ce couple âgé qui l'avait considéré comme leur fils. Sans descendance, ils avait tout
donné, leur temps, leur amour, leurs sourires, leur expérience... Henri a grandi sans poser de questions préférant les enfouir au plus profond de son monde secret.
Encore adolescent, Henri apprendra la mort de sa mère, un soir d'hiver. Elle avait continué à vivre, seule, dans la
maison au bout des champs. Plus de nouvelles du beau-père, et c'est tant mieux. Que devint-il après la prison, nul ne le sait. La vie s'est poursuivie, de lycées en collèges. Artiste-peintre
local, Robert lui a donné le goût du dessin et Danielle, la sensibilité féminine. Il sera architecte et se fera vite un nom dans le milieu. Les portes de la vraie vie lui sont désormais grandes
ouvertes.
Mais jamais, il ne s'est marié. Et surtout, pas d'enfant ! Nul risque de reproduire son histoire de quelque façon que ce soit !
L'homme se lève, l'osier se plaint une dernière fois. Une envie de vomir le prend à la gorge. Les poumons prêts à éclater
le suffoquent. Il faut partir sans essayer de comprendre. La pendule poursuit son décompte, glacial témoin du temps oublié, ... du souvenir perdu.
Pousser la porte et sortir. La lumière humide agresse ses yeux rougis. Il faut gagner la voiture et...
- Et alors, monsieur Dubreuil, elle vous plaît ? Je vous l'avais dit. Il y a vingt ans que je vis ici. La maison avait été mise en vente publique et ici, on préfère ne parler des anciens
habitants. J'ai tout aménagé au fil des ans. C'est qu'il y avait du boulot. Mais aujourd'hui, je suis trop vieux pour rester seul et les enfants veulent que je parte vivre dans une maison de
retraite, comme ils disent. Si c'est pas un malheur ! Mais enfin, c'est ce que vous recherchiez ? Monsieur Dubreuil ?
Henri se retourne sur le fermier...
- Oui. C'est d'accord. J'achète !
- Avec quelques transformations, vous pouvez en faire quelque chose de bien ! D'autant plus qu'on m'a dit que vous étiez architecte. On sera content au village que vous retapiez cette maison. Car
elle est là depuis toujours. Vous comprenez... C'est qu'on y tient à nos maisons, c'est tout un passé et des souvenirs... On se revoit chez le notaire ?
La voiture n'est déjà plus là. Le silence est revenu. Lourd. Oppressant.
Seul, derrière la façade blessée à jamais, toujours le même bruit. Il augmente et envahit l'espace, un immense tic-tac investit la plaine et la pluie tombe de plus en plus belle...
L'acte de vente fut signé devant un notaire impassible. Dubreuil ne broncha pas à l'énoncé des différents propriétaires
précédents, à l'histoire notariale de la maison. D'autres images lui venaient en tête. Le vieux fermier était très impressionné et tortillait ses gros doigts. Quelques signatures et quelques
paraphes plus tard, l'affaire était conclue à la joie de tous. Surtout du vieux fermier. Dubreuil serra les mains et repartit vers la ville, loin de cette froide campagne.
Vue du quatorzième étage, la ville est allumée de milliers de lumerottes. La nuit est tombée sur l'agitation de la vie. Henri aime cette solitude protégée par la foule d'êtres humains anonymes.
Il se laisse tomber dans le profond canapé, ferme un instant les yeux. La maison basse perdue dans la campagne lointaine lui semble appartenir à un autre continent. Celui d'une enfance désormais
gommée. Il attrape son gsm, fait défiler la liste du répertoire, s'arrête sur Gauthier & Fils, entreprise...
- Henri Dubreuil, architecte. Bonjour Monsieur Gaulthier, nous avions déjà pris contact. Vous vous souvenez ? C'est pour une démolition...
EJB
]]>fr2008-06-12T11:58:42Z
http://www.broomse.com/article-6816480.html
Le sourire
Le père est mort.
Raide sur le lit acheté en solde l'hiver dernier chez "Touconfort". Crédit zéro pour cent en dix-huit mois. Il avait fini par s'y résigner. Faut être de son époque, grimaçait-il. Mais en lui, se
révoltait l'homme mutilé d'être réduit à survivre avec une pension tellement maigre qu'il avait perdu un peu de poids et beaucoup de sa fierté naturelle, de sa façon de regarder les gens bien en
face. Dans les yeux. Ces dernières années, il fuyait les autres pour éviter ces affrontements qu'il savait perdus d'avance. Il évitait même ses proches. Et de s'attarder sur les traits fatigués
de son visage. Trop pâle.
C'est le fils qui avait insisté, le vieux de lit de noces a fait son temps, le bois craque de partout, un gros ressort a cédé, un pied a dû être consolidé. Et le fils n'avait guère le temps de
bricoler sans cesse sur ce débris. Un emplâtre sur une jambe de bois. Le fils déplia une publicité toutes boîtes de chez "Touconfort", raisonna, argumenta, persévéra, vainquit le mutisme du vieux
couple. Il monte lui-même le lit de noces, en pièces détachées, dans le grenier. Il le camoufle sous une vieille couverture, protection dérisoire pour ces montants de bois qui jamais plus ne
seraient assemblés. Ils alimenteront plus tard quelque feu sacrilège qui volera une trace de plus d'une vie durement malmenée.
Le père est mort. Nu sur le lit. Comme un ver. Il serait vite de leur monde.
Deux femmes du village, impassibles en apparence, retournent le cadavre sur le ventre, puis sur le dos, l'enduisent de savon mousseux à odeur forte de javel, le rincent, l'essuient. Le père si
pudique. Elles le manipulent tel un objet. Peut-être la plus vieille, dans sa jeunesse, était-elle secrètement amoureuse de lui. Peut-être attendait-elle qu'il l'invite à danser au bal des
Catherinettes. Peut-être avait-elle imaginé le corps jeune roulant sur le sien. Et maintenant, elle frottait les fesses flétries en insistant un peu trop sans doute. Sans bien s'en rendre compte,
reliques de sentiments refoulés. L'autre femme l'a fusillée du regard et de quelques mots secs. On le retourne ! Le trouble revient plus ferme devant le buste envahi de poils gris et le sexe mou
ballotté en tout sens par la main dissimulée dans le gant de toilette. La plus vieille s'empresse de l'essuyer et de jeter le grand essuie blanc sur le corps sans toutefois recouvrir le visage
calme, serein. Enfin détendu. Et sur les lèvres, un sourire. Comme si le père s'amusait de la situation, de la gêne étouffante de la vieille, un bon tour avant de disparaître. Question de
survivre encore un instant dans les fantasmes d'une septuagénaire titillée de souvenirs. Il la hantera cette nuit encore. Et quelques suivantes. En beau jeune homme au corps éthéré qui mille fois
se penche vers la jeune fille faussement timide qui rougit de plus belle, qui acquiesce d'un battement de cils, se lève et se livre au rythme de quelque tango explosif qui frissonne la chute des
reins.
Les vieilles lui ont enfilé son plus beau costume. Bleu classique. Et la chemise blanche au col amidonné qu'il ne supportait pas de son vivant, qui lui donnait des rougeurs au cou. La plus
vieille lutta avec le bouton, renonça, dissimula l'ouverture sous un gros nœud de cravate.
Les doigts refusent de se joindre. Et surtout laissent tomber le chapelet que la vieille finit par accrocher aux pouces. Elle a empoigné deux gros livres qu'il avait lus, relus, annotés "Art et
Tactique militaires, tome 1, tome 2", toute la bêtise humaine condensée pour la première fois utile. Elle les cale sous les coudes, les mains demeureront jointes de force sur le chapelet ramené
d'un voyage à Lourdes, le seul séjour à l'étranger du couple, gagné lors d'une tombola. Le père en avait ramené les premières photos couleurs de l'album familial. Vue du cirque de Gavarnie et
défilés de malades, d'impotents.... et puis la Vierge dans la neige quand on la retourne dans son liquide que les enfants secouaient toujours trop fort, alors la mère les grondait et déposait
religieusement l'objet miraculeux sur le marbre de la table de nuit et les enfants émerveillés regardaient longtemps les paillettes redescendre au pied de la dame en bleu.
Les doigts experts de la vieille plissèrent le drap à l'odeur de naphtaline pour faire beau. Elle jeta un regard satisfait à l'autre et elles sortirent après s'être signées instinctivement. Pour
conjurer le mauvais sort qui les attendait, narquois.
A côté, recroquevillée sur sa chaise dure, la mère pleure sans larmes les longues années de solitude à venir. A entasser les souvenirs pour faire illusion, à ressasser le passé faute de futur, à
coups de photos jaunies dans le formol de la vie, d'images figées sur quelques rares moments de bonheur frisson dont elle est et sera seule propriétaire désormais. Son véritable héritage...
Trésor de frémissements amassés, accumulation de caresses glanées au hasard de la tendresse, de regards amoncelés qui en disent long lorsque la parole s'est retirée. Futile.
L'odeur du café, le jet de vapeur s'échappant du bec de la bouilloire, la vie est toujours là. Elle se lève.
Le fils entre dans la chambre. Il vient de la ville. A traversé l'humidité poisseuse des bois. Grande fatigue et vertige.
Le fils fait face. Sans réagir. En apparence.
Le père l'a soulevé comme une plume et déposé sur ses épaules solides, il marche à travers la neige et le froid du matin, le père s'endort dans son fauteuil après le repas, le père retourne la
terre du jardin, hume l'air, bourre sa pipe, gronde, enfourche son vélo, disparaît dans le brouillard.
Et il sourit. Sur son lit d'apparat. Les jambes du fils se dérobent. Il doit se soutenir au bord du lit. Ses lèvres tremblent. Les coins de sa bouche s'écartent. En un sourire jumeau. Le père
sourit. Le fils aussi. Et soudain, c'est le rire. Il éclate. Cadencé. Hoqueté. Au bord de la crampe. De l'étouffement.
La mère est entrée. A serré l'épaule du fils. L'a secoué.
Le froid comme une claque.
Vue d'un village au bout des champs et des prairies. Et du temps.
Le rire éteint.
Les yeux immensément fatigués de la mère.
Le ciel est clair. On voit les étoiles. Il gèlera demain.
EJB
Sur la Place de la Littérature, un café
"littéraire, philosophique et sociologique" attend votre passage. Les habitués sont nombreux chez "CALIPSO". Une table vous y attend pour savourer nouvelles et textes au choix. Si vous êtes
plus pressés, on vous servira au bar d'originaux textes courts. Merci à Patrick L'ECOLIER d'avoir ajouté à sa carte une de mes nouvelles "Le Sourire" ! A votre santé... si
j'ose dire !
(un petit clic ici pour entrer chez CALIPSO.... )
]]>fr2008-05-21T16:35:17Z
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Le Forum de mon blog littéraire "Pour le Plaisir
d'écrire" est un lieu d’accueil pour ceux et celles qui aiment écrire des nouvelles, des textes courts, des poésies, des chansons, des romans… Les textes ne vivent qu’à travers leurs
lecteurs et leurs commentaires.
Cet espace permet aux écrivains de faire connaître leurs écrits sur l’internet pour autant qu’ils respectent la correction du langage ; tout propos injurieux ou raciste sera banni. Nous
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Posez vos questions, parlez-nous de votre expérience, proposez vos textes ! Attention : ce forum n’est pas un atelier d’écriture mais plutôt un lieu de
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]]>fr2008-06-09T15:10:40Z
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Des textes, des images, de la musique… la diversité est un bouquet sur
Acteplume "Voyage en mots bleus" que je vous invite à découvrir à l’occasion de la parution sur ce blog de « Débauche d’entretien », un entretien d’embauche dont on se souvient
mais qu'on voudrait pourtant oublier.
Bonne lecture ou relecture si vous l’avez déjà rencontré sur un des forums que je fréquente. Cliquez ICI ou sur l’image pour y
accéder.
]]>fr2008-05-08T15:37:28Z
http://www.broomse.com/article-19099015.html
CALIPSO, café littéraire et sociologique animé par Patrick
L'ECOLIER accueille un petit texte écrit en hommage à Carlos Gardel, le maître du tango. Une occasion pour moi de faire danser les mots aux rythmes argentins.
Cliquez ICI ou sur la photo pour accéder à ce
texte et... commentez !
Merci ! Bonne (re)lecture de ce texte qui était déjà paru sur mon blog.
]]>fr2008-05-21T12:49:17Z
http://www.broomse.com/article-18089177.html
…TOTJORN MAI
Lille, février 2008
Etienne,
Sous la douche, l’eau ruisselait sur mon corps et les souvenirs de nos baignades affluaient mêlant nos rires au soleil d’exotiques
vacances. Je m’enveloppais dans un peignoir de douceur quand mon portable vibra. Un court message. De toi. « Pense à toi tout le temps… ». Les mains encore humides, dans le brouillard
vaporeux de la salle de bain, je fixais l’écran jusqu’à ce qu’il s’éteignît lentement. Tes mots s’effacèrent, telle la lumière d’un soleil coulant en douceur à l’horizon de la Mer Rouge. Mais ils
restèrent là à trotter dans ma tête. Une mélodie vous hante dès le matin et ne vous quitte plus de la journée.
Je pense à toi tout le temps aussi. Il fallait que je te l’écrive, en vrai, sur une vraie lettre et que je te l’envoie dans une vraie
enveloppe. Qu’elle traverse La France, descende la Garonne et te parvienne à Toulouse, la ville rose où tu m’attends. Te rappelles-tu m’avoir appris la devise locale « Per Tolosa totjorn
mai » (Pour Toulouse, toujours plus) ? Je t’ai répondu… non… pour Etienne, toujours plus ! Tu as souri, m’as serré la taille et d’un
pas nonchalant - celui de ceux qui savourent l’instant - tu m’as fait découvrir le quartier Saint… Etienne et ses antiquaires, sacs, tableaux, mobiliers et accessoires romantiques de toutes
couleurs… Te souviens-tu de la Maison de la Violette ? Une péniche insolite totalement habitée de cette fleur : violettes sucrées, en bain mousse et même en confiture… Ce parfum ne
quitte jamais ma peau. Il me relie sans cesse à toi. Qui penses à moi…
Ici, dans le Nord, le brouillard, la pluie et le froid se disputent la place. La distance qui nous sépare, qu’elle soit kilométrique ou
climatique, s’ajoute encore à la douleur de ton absence. La distance. La différence aussi. Toi du sud, moi du nord. Tes cheveux noirs, à moi les blonds. Et tous ces gens qui nous dévisagent,
jaloux du bonheur qui nous explose. Qui refusent la différence et se tiennent à distance. Ce sont les deux mots d’un triste refrain.
Je pense à toi… toujours plus ! Dans quelques heures, je te verrai, pour un week-end. Je retrouverai ta peau et tes baisers, ton
sourire et tes silences qui en disent long, ta force et ta tendresse. Et cette lettre te parviendra peut-être après mon départ. Elle te dira combien tu me manques, que tu es devenu nécessaire à
ma vie… à ma survie, que tu vis en moi à chaque instant. Elle dira combien je t’aime !
… totjorn mai
Je me
parfume de violette, ma peau et mes vêtements te prolongent. J’ai encore le goût du sud dans ma gorge. La différence se dispute la distance. Le prochain week-end prend des allures d’éternité.
Tu viens chez moi, dans le nord et ses chemins de brouillards. Tu l’as promis. Une semaine à t’imaginer. Près de moi. Mon portable vibre. Un court
message. De toi. Il vient de la ville rose. « André, je pense à toi… toujours plus ! »…
Publié et commenté également sur Mot
compte Double, sur le forum Liens
utiles et sur Urban-poètes]]>fr2008-03-30T20:10:51Z
http://www.broomse.com/article-17904293.html
« Que la Francophonie, en ce 20 mars 2008, soit au cœur de
toutes celles et de tous ceux qui partagent notre langue, nos valeurs, notre volonté d’un avenir meilleur, pour nous-mêmes, et pour l’ensemble de la communauté
humaine.
Que cette Journée internationale de la Francophonie soit
l’occasion de célébrer la Francophonie au cœur de la diversité culturelle que nous symbolisons, que nous revendiquons et que nous défendons comme un droit fondamental. La Francophonie a
joué un rôle décisif à l’Unesco pour que soit adoptée la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Plus de la moitié des Etats parties à cette
Convention sont membres de notre organisation. Soyons plus ambitieux encore ! Fixons-nous l’objectif de voir la totalité de nos Etats et gouvernements adopter cette convention et déposer
leurs instruments de ratification avant la tenue du prochain Sommet de la Francophonie, à Québec, en octobre 2008, afin d’offrir au monde le gage de notre force de
conviction.
C’est là notre vocation profonde, parce qu’à travers la langue
française, nous fêterons, vous fêterez, en ce 20 mars, sur tous les continents, la rencontre fécondante de toutes les cultures. Cette diversité, vous la mettrez en musique et en chansons, vous
l’écrirez en vers et en prose, vous la vivrez comme autant de rendez-vous privilégiés avec la culture de l’universel, avec la culture du donner et du recevoir.
C’est là notre vocation profonde parce que militer en faveur de
la diversité culturelle, c’est aussi faire le choix de relations entre les peuples, fondées sur l’ouverture, le respect, la tolérance, fondées sur la reconnaissance de l’autre dans sa
différence, mais aussi dans sa ressemblance, dans la mesure où chaque homme porte en lui-même la forme entière de la condition humaine. C’est aussi faire le choix d’une certaine conception de
la solidarité et de la coopération internationale en faveur du développement durable, une coopération menée dans un esprit de partenariat, conçue et déployée dans le long terme, bien loin
des intérêts stratégiques ou économiques du moment. C’est aussi faire le choix d’une certaine conception de la solidarité et de la coopération internationale en faveur de la démocratie et de
la paix, une coopération mise en œuvre en amont et en aval des situations de crise, conduite dans le respect des valeurs universelles, des droits de l’homme et de la responsabilité de
protéger, mais, dans le même temps, animée d’une volonté d’écoute et de dialogue, seule à même de favoriser l’expression et l’appropriation de formes démocratiques nourries des réalités
historiques, sociales et culturelles.
C’est, enfin, faire le choix d’une certaine conception de la
gouvernance mondiale, une gouvernance fondée sur la démocratisation des relations internationales, sur la régulation de la mondialisation, sur une éthique universelle, une gouvernance au
service d’une gestion partagée et équitable des biens communs de l’humanité.
Que cette Journée internationale de la Francophonie soit
l’occasion de réaffirmer ces convictions et ces valeurs, au nom de la langue française qui nous rassemble et qui nous unit. »
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Pour en savoir plus, cliquez ici !
Merci à tous mes visiteurs venus des quatre coins du monde. Mon compteur "GeoVisite" m'étonne chaque jour : vous me lisez aux USA, au Maroc, en Tunisie, en Egypte,
au Canada, en France et en Belgique (même en Flandre !)... La diversité culturelle, elle est là, quotidienne et active, au-delà des préoccupations politiques, nationalistes, ségrégationistes,
sinistres...
Hommage aussi à la langue française, à sa richesse linguistique et culturelle, à ses auteurs, à ses lecteurs, à tous ceux qui la parlent et l'écoutent...
Ernest J. Brooms Le français, ce sont les grandes orgues, qui se prêtent à tous les timbres, à tous les
effets, des douceurs les plus suaves aux fulgurances de l'orage. Il est, tour à tour ou en même temps, flûte, hautbois, trompette, tam-tam et même canon. (Léopold Senghor,
Éthiopiques.)
]]>fr2008-03-20T11:35:16Z
http://www.broomse.com/article-17912452.html
fr2008-03-20T16:55:35Z