Le slam des dix mots

 

Immobile, à l’entresol

J’ai perdu la boussole

Je cherche la passerelle

D’où partira la tourterelle

Porteuse des rhizomes

Qui seront plantés sur la zone

 

Tu lèves ton visage

Ton regard tente d’apprivoiser

Des types dans le voisinage

Qui cherchent à pavoiser

L’arbre à palabres

Le baobab glabre

 

D’un ton jubilatoire

Il parle de toi

Criant dans le réfectoire

Ses idées qui sentent le putois

Ses propos sans tact

Comme des tirs font des impacts

 

Il va s’attabler

Sur sa chaise se caler

Et sans fard déballer

Des phrases endiablées

Qui s’adressent à toi

Qui loge sous les toits

 

 

 

 

Lettre du bout du monde

 

 

Oh toi et ton visage, combien tu me manques.

Tel le renard ou la rose du Petit Prince, j’ai tenté d’apprivoiser quelque animal, ou quelque humain en m’installant sous l’arbre à palabres.

Avec tact, en éprouvant un sentiment jubilatoire, j’ai parlé, j’ai chanté, j’ai même invité le chef du village à s’attabler pour partager mon repas.

Las, ton visage, ton odeur, ta voix emplissaient mon corps et ma tête, tels les rhizomes du trèfles lorsqu’il envahissent les prés.

Mes tentatives de bâtir une passerelle entre mon monde et le leur sont restées vaines.

Pourtant, j’ai suivi tes conseils, me suis référé à tes consignes comme si celles-ci n’étaient autre que l’aiguille de la boussole m’indiquant la direction à suivre. Ai-je manque de tact ? N’ai-je pas suffisamment pris de précautions oratoires ?

Ou plus simplement la communication était-elle impossible entre gens ne parlant pas la même langue et ne vivant pas dans le même monde ?

Quand te reverrai-je, toi qui vit à l’autre bout de la planète ?

 

Ana Surret

 

 

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Samedi 30 août 2008
- Publié dans : Auteurs invités - Par Ernest J. Brooms
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